La croisière s’amuse.

photography of clouds during dusk
Photo de Ming SUN sur Pexels.com

Il y a des bruits contre la coque du navire, à l’extérieur, mais cela, nous y sommes habitués, ces bruits nous paraissent normaux, ce sont les bruits de la nature, des grandes masses d’eau et du vent qui se ruent sur les parois du système.

Il y a des bruits aussi à l’intérieur, du côté des humains. Des bruits qui montent du plus bas du navire, avec la sueur et l’odeur de ranci, tout cela monte des cales, là où les travailleurs aux mains noircies par la graisse et le cambouis, là où se tiennent les petits esclaves volontaires qui veillent à l’entretien des rouages des machines, qui restent suspendus aux tac-tac de ses pistons et qui murmurent sur le rythme de son cœur auquel ils ont accordés le leur, les petits hommes à l’échine courbée par le labeur. La colère gronde chez ceux qu’on ne voit pas et qu’on fait semblant de ne pas entendre.

Juste au-dessus de la cale, il y a ceux qui dorment ou ceux qui courent dans les couloirs, les serviteurs aux mains gantées, les épiciers et les boulangers, les commerçants, ceux qui font tourner les roues d’un moteur tout aussi bruyant, le « moteur social » humain.

Au-dessus encore, il y a les passagers, ceux-là n’ont rien d’autre à faire que de soigner leurs parures, préparer leurs beaux discours et penser à la soirée prochaine et animée qui les attend. Ils ont payé pour qu’on les serve, pour qu’on leur mette la table et qu’on leur fasse le lit ; ils ont payé pour se distraire, oublier les tracas de la vie, ils ont payé les musiciens et les amuseurs de carrière, les ouvriers de l’amusement, les agents de plaisir, dont on ne sait pas à quel point leur conscience est complice ou non.

Il y a des bruits encore sur le pont supérieur : des enfants qui jouent, des parents qui discutent entre eux, admirant le paysage, buvant une coupe de champagne au gré du passage d’un maître d’hôtel tendant son plateau garni. Tout ce beau monde s’occupe dans l’insouciance qu’ont installée tous les discours politiques sécurisants : « Tout va bien messieurs dames, aucun danger nous guette, le système fonctionne bien et à été conçu par les meilleurs experts de notre société, ce navire est insubmersible, alors jouez en paix, mangez jusqu’à satiété, dansez sur la musique jusqu’à plus d’heure, voyagez dans vos rêves les plus fous ! »

Plus haut encore, toujours plus haut, il y a du bruit, mais quel est donc ce bruit ? C’est un cri ! Un homme dont la fonction est de surveiller la mer a gravi l’échelle le long du mât. L’appelle-t-on la vigie cet homme ou le vigilant ? Il s’époumone depuis quinze minutes (mais peut-être est-ce depuis quarante ans) il sonne l’alarme en hurlant :  « Danger en vue !, Chaos en vue ! Naufrage en vue ».

Mais ces cris disparaissent dans le vent de la fête, dans les vapeurs d’alcool, dans les battements de la grosse caisse, dans les rires débridés, dans les sarcasmes enjoués, dans l’arrogance généralisée.

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Femme (3)

Femme, où sont tes chaînes ? De quel acier sont-elles forgées ?

Sont-elles fondues dans ton utérus ? Sont-elles désirées par tes ovaires ? Sont-elles formées par ton besoin d’affection ?

Tu veux l’égalité ? Tu n’obtiendras que celle des droits alors il te faut apprendre à manier la hache et l’épée, et là encore il faudra doubler de ruse pour compenser le manque de muscles. Soit égale à toi-même.

Extrait d’une conversation sur un forum (3)

« S’élever au dessus de sa condition animale » pour « vivre en harmonie avec la Nature » me semble des plus contradictoire.

Je pense tout au contraire de toi que si l’homme est devenu le pire ennemi de la Nature c’est parce qu’il a dénié son lien avec elle.

Par conséquent  l’homme doit plutôt réapprendre à considérer sa condition animale s’il veut espérer vivre en harmonie avec la nature.

L’homme n’est peut-être pas l’ennemi de la nature, c’est peut-être seulement un regard, l’homme est un produit de la nature, soit l’on pense que la nature sait diriger ses pas, et dans ce cas l’homme est ce qu’elle a voulu en faire, soit l’on pense que la nature n’a aucune conscience de ce qui se fait en elle, et ce qui se produit en elle n’est que suite d’accidents et de hasards, voire dans le meilleur des cas, une suite de causes et d’effets, une forme de mécanique incontrôlable.

L’homme doit s’élever au-dessus des lois actuelles de la nature (à mon avis) afin de pouvoir engendrer une autre nature, un autre règne, un autre équilibre, etc.

L’homme n’a rien perdu de sa condition animale, il est même le roi des animaux, ses instincts de destruction ont atteint des sommets de l’animalité, cela ne le positionne pas dans l’échelle des harmonies, au contraire cela le met devant une obligation sinequanone changer radicalement  l’échelle des harmonies.

Comment l’homme pourrait-il s’élever au-dessus de ces lois qui le régissent aussi ?

En apprenant à maîtriser son système limbique, il n’y a rien d’autre que ce manque de connaissance qui le maintienne dans sa condition animale.

Chacune de ses glandes qui ne sont pas sous le pouvoir de son esprit fait de lui l’animal qu’il est.

Pour moi il est une évidence que c’est la seule voie possible de l’évolution, une vraie évolution qui ne soit pas aussi légère et instable que celle des idées.

Lorsque l’Homme aura conscientisé cela et fera preuve de suffisamment de bonne volonté pour s’élever au-dessus de sa condition animale, il pourra enfin se construire une Société civilisée digne de ce nom et vivre en bonne harmonie avec la Nature.

La seule harmonie que la nature actuelle nous propose est celle du tigre ou du rat.

J’ai vécu longtemps en faisant cet effort d’harmonie, et je suis devenu un animal sauvage, un prédateur, mais c’était avant. La nature, telle qu’elle se présente aujourd’hui et depuis toujours est l’espace de jeu des victorieux, même si toute victoire ne dure pas et n’est représentative que des forces sauvages.

Un cortex sur pattes donc…  Je crois que ton rêve se réalisera un jour grâce (ou à cause) de l’apport de l’intelligence artificielle. Finies les émotions qui prennent aux tripes, la peur, la haine mais aussi l’amour. Finie la création artistique, les mots, les notes de musique qui vous émeuvent aux larmes sans que vous ne sachiez pourquoi.

Je pense pour ma part que le plus sage serait de mieux comprendre ce système limbique, non pour le maîtriser jusqu’à l’étouffer, mais pour en comprendre ce qui fait de nous également des animaux.

Pourquoi traduire « maîtriser » par « étouffer »?

Il ne s’agit pas d’un rêve, c’est en marche mais vous ne le voyez pas encore.

L’art est dans la maîtrise.

« étouffer » parce que tu as écrit « sous le pouvoir de son esprit ».

Lorsque votre pensée est sous le « pouvoir » de la raison, elle est donc étouffée ?

Extrait d’une conversation sur un forum (2)

Le renoncement est le repos du guerrier

Le renoncement ne suffit pas, il n’est pas un repos, parce que de tout renoncement naît la frustration.

Bravo, et le serpent se mord le queue, et se dévore en entier.

Le renoncement peut représenter une école, pendant un temps relatif, le temps de comprendre qu’il ne débarrasse pas de la souffrance; beaucoup ne parviennent pas à comprendre que le non désir peut aboutir par des voies simples, le renoncement n’en étant pas une à mes yeux.

Non le serpent ne se mord pas la queue, il s’enfuit dans les fourrés trouver la paix dans la solitude.

Vous auriez pu en déduire des questions diverses plutôt que de vous laisser mordre par une queue qui n’existe pas.

Ne pas chercher au dehors de soi ce que nous croyons qu’il nous manque.

Ce qu’il peut réellement nous manquer n’est nulle part ailleurs qu’en soi.

Trompé par les croyances du monde nous ne cessons de fixer notre regard sur des objets qui n’existent que pour détourner notre attention et nous nous trouvons dans la difficulté de voir ce qui est la portée de nos mains. C’est une évidence.

Le non désir de ce qui n’est pas « soi » amène à la rencontre de ce soi que l’on ne sait pas voir.

Le non-désir n’est pas une réaction qui résulterait d’un choix de renoncer pour quelque raison déterminée, le non désir est présent dans l’attention à soi comme une offrande de la conscience.

La servitude n’existe que chez celui-là qui ne sait pas se servir lui-même. Ce qui peut s’apprendre bien heureusement !

Je comprends votre point de vue, mais il ne s’agit pas d’une voie simple, à mon sens, elle est même très complexe. Et je pense que peu de personnes peuvent y parvenir.

Certes, voila une raison de plus de la signaler

Je suis votre serviteur, et vous serez mon débiteur.

Nul ne peut être mon serviteur, je suis le serviteur de personne.

Le service est toujours un commerce, Je préfère l’acte gratuit.

Je n’attends pas de gratitude et n’en ressens pas non plus.

Celui qui donne se donne à lui-même avant tout, alors qu’il se remercie lui-même suffira bien.

À celui qui donne il est donné de voir qu’il se donne à lui-même et sans doute peut-il être un exemple pour celui qui souffre, et de quoi peut-on bien souffrir en premier point si ce n’est de ne pas savoir se donner à soi et par voie de conséquence voir pauvreté en toute chose.

L’amour libère de tout état de servitude.

Extrait d’une conversation sur un forum

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Pensez-vous que le suicide est un acte lâche, ou un acte courageux ?

Il me semble évident qu’il n’est ni l’un ni l’autre.

Vouloir échapper à la souffrance qui est devenue intenable ne nécessite ni courage ni lâcheté, un manque de force seulement le justifie, un manque de force non coupable qui n’a pas besoin de se justifier. Lorsque l’eau vient  à manquer et qu’il n’est plus une goutte trouvable pour me désaltérer, je meurs de soif et ne suis coupable de rien, « félicitable » de rien non plus, c’est ainsi, les causes sont trop nombreuses pour être atteintes, les causes sont trop éloignées dans le passé comme dans le futur, les causes ne me concernent pas et je leur suis éternellement innocent.

« Le suicide est le dernier acte par lequel un homme puisse montrer à qu’il a dominer sa vie. » a dit Henry De Montherlant.

C’est du bidon, le fait de se donner la mort ne démontre pas la liberté, pas davantage que le fait de naître.

la pulsion de mort serait originelle et tournée vers soi, tandis que la pulsion de vie en dériverait (selon Freud) ? Mais quel serait l’intérêt pour la nature de nous doter d’un tel fonctionnement psychique ? … Surprenant : dans une nature hostile on comprend l’intérêt de pulsions d’agressivité mais c’est vraiment curieux que celles-ci puissent se tourner vers le soi. Peut-être pour une question de contrôle social, quand on réprime ou se fait violence pour une raison ou pour une autre ?

Il faut parler d’instinct plutôt que de pulsion, la nature conditionne le vivant. Les êtres vivants sont « agités » intimement et inconsciemment par l’instinct de la puissance de la vie et par l’instinct de la puissance de la mort. La nature n’est « intéressée » que par le renouvellement, il faut devoir cesser de vivre pour que la vie revienne. Les arbres perdent leurs feuilles afin que de nouvelles feuilles apparaissent. « je » dois nécessairement disparaître afin que quelque chose me suive, ce mouvement profond habite tous nos actes d’être, c’est encore ce même phénomène qui nous incite à regarder, sans comprendre, un monde s’effondrer. je construis et détruis à l’intérieur de chaque acte que je produis quelque soit ma connaissance du fait, ainsi je m’autodétruis en affirmant rechercher et développer ma propre puissance d’exister.

Raba 19

Une abbaye, du bouche à oreilles, des rendez-vous par le téléphone arabe, des gens se retrouvent sous le même toit, dans le même mystère du vivant.

Un commence, parfois un instrument, parfois une voix, et lorsqu’il y a une écoute vraie, il se passe des choses vraiment curieuses et enchantées.

Musiciens en présence ne se connaissant pas tous, jouent pour la première fois ensemble.

Écoute préférable avec un casque en raison de l’acoustique.

 

 

Ici et maintenant !

Ici et maintenant ne m’intéresse plus.

Quoi de plus que ce que les animaux ou les petits enfants savent faire ?

Non, ça ne m’intéresse plus et cela me fait l’effet aujourd’hui d’une fermeture et non pas d’une disponibilité à l’acte de « vivre ».

Ce matin je marche sur un autre chemin, celui de « partout et toujours ». Ah sacré non de non, quelle ouverture, la lumière entre de partout ! Je laisse « l’ici et maintenant » à mes cousins animaux, qu’ils en jouissent autant qu’ils le peuvent, je marche désormais dans la direction de mes frères de demain.

Les petits cailloux.

Je ne peux pas parler de mon existence, sans découvrir que la première chose que je suis capable de penser de façon consciente, c’est la quantité matérielle dont je suis fait, en-deçà du sujet pensant.

Ce sujet pensant est un étranger par rapport au corps, le corps lui-même étant un amas de petits cailloux (je prends le petit caillou comme symbolique de ces matériaux qui permettent aux organes, aux os, au sang de se fabriquer).

L’être humain a appris à adopter une position par rapport au tout petit grain de poussière. Ignorant à chaque instant qu’il est fait de ces petits cailloux, il considère qu’il doit posséder ces petits cailloux, de la même façon que nous considérons que les nappes de pétrole, de gaz, sont faites pour nous. La nature, dans sa « bonté infinie », aurait-elle prévu qu’un jour l’homme aurait besoin de pétrole !

Une révolution (16)

Laisse-moi te dire, si tu respires comme un animal, tu bois comme un animal, tu manges comme un animal, tu ressens, tu penses, tu recherches comme un animal, tu reçois comme un animal, tu exprimes comme un animal, l’art n’est pas une expression. Tu satisfais tes besoins naturels, très bien, c’est une nécessité, tu les satisfais comme le fait tout animal, tu exprimes ta sueur et tes déchets comme l’animal que tu es. L’art n’est pas une expression. La beauté n’est pas un produit. La beauté n’est pas cette chose que tu peux acquérir avec ton argent ou ta sueur, la beauté n’est pas un objet de commerce, ni aucune autre forme d’objet, la beauté ne ne se vend pas. Lorsque tu respires, tu passes par trois temps, tu connais ces temps dont je parle, l’art entre en toi par le premier temps, celui de l’inspiration, l’art n’est pas une expression mais une inspiration, une impression si tu veux, mais sais-tu vraiment ce qu’est une impression ? Dans le second temps de la respiration, l’art qui est entré en toi doit prendre possession de ton être pendant un court instant, l’instant qui seul permet la perception, l’instant qui te tirera hors de ton animalité, l’instant où l’esprit lui-même peut commencer à respirer. Tout ce qui n’est pas l’art est ton animalité, l’animalité à laquelle tu appartiens, l’animalité qui te tient par tes émotions, par tes émotions vis-à-vis du fait que tu ressentes des émotions, ces émotions qui te font ressentir à quel point tu tiens à la vie, ces émotions qui te persuadent que ta vie ne serait pas la vie sans elles.

Non l‘art n’a rien à voir avec les émotions, mais comme c’est difficile de s’en rendre compte, comme c’est difficile de percevoir là où il n’y a de place que pour ressentir….

À suivre….

Une révolution (18)

Dans le ventre de nos mères, l’instinct le plus puissant nous pousse à nous préparer à l’acte de succion, prémices de tous les actes à venir. L’enfant sait par sa connaissance silencieuse que pour survivre il devra se nourrir, et que c’est par sa bouche qu’il le fera en saisissant le téton de sa mère ou une tétine aura sûrement sa préférence s’il est plus aisé d’en faire sortir par ses efforts d’aspiration le lait nourricier.

Nous nourrir, sous-tendra toutes nos pensées, toutes nos décisions inconscientes ou non, nous le ferons toujours par notre bouche, directement ou indirectement, par ce qui est susceptible d’y entrer comme par ce qui est susceptible d’en sortir, et lorsque nous caressons, c’est un investissement dans quelque chose qui sera en retour nourricier.

Voila incontestablement ce qui nous relie à notre histoire animale, à notre condition animale, à notre avenir animal. Rompre cette chaîne revient à chercher durant toute sa vie à s’affranchir de  notre instinct le plus puissant et le plus primaire, se nourrir des autres, et accepter de les nourrir que parce que l’on attend un retour « alimentaire ». S’affranchir de ce besoin de se nourrir des autres est impossible si l’on ne trouve le chemin qui consiste à ne se nourrir que de soi-même et puis nourrir ceux qui ne peuvent se nourrir par eux-mêmes sans rien attendre en retour.

Une révolution (20)

— Donc est-ce que notre conscience, ne va pas à l’encontre de nos instincts primaires, voire même nous dégoûte de notre nature même ?

 

Juan dit :

Vous voulez parler de la violence inhérente à notre nature et à nos fonctionnements dépendant de notre système limbique, ok, laissons là les questions de bien ou de mal, nous parlons bien de violence et la violence est dans la nature, elle est naturelle donc, je dirais même que sans violence point de nature.

Puis vous demandez si la conscience, (j’entends l’usage de ce mot ici, comme l’esprit, ou ce qui nous permet de penser) ne s’oppose pas à nos instincts qui nous ramènent à la solution de la violence dès que le besoin s’en fait sentir.

Certes, l’esprit, ou ce que vous nommez la conscience, se pose en arbitre entre les pulsions réflexives et la réflexion, la pensée, par conséquent, il parvient parfois à nous mettre dans un relatif contrôle. Ce contrôle est différent selon les moments et les personnes, parfois il suffit, mais à quoi précisément ? À nous faire prendre la décision de la raison sans nul doute, mais il est impuissant pour générer un mouvement en profondeur, une action durable, permanente et grandissante qui fasse de nous une autre espèce, « quelque chose » qui s’est échappé des zoos.

Et là il vous faudrait retrouver un autre sens à ce mot que vous utilisez dans votre questionnement, nous ne parlerions plus de l’esprit et de la raison en parlant de conscience, mais d’un pouvoir sur le centre de commande limbique, un pouvoir de métamorphose qui nous conduirait vers un nouvel état d’une façon irréversible.

 

Des masques

Le sujet est vieux, mais la question reste permanente.
Nous pensons tous obtenir quelque chose de très personnel et très particulier en participant à des échanges verbaux en un tel lieu.
En réalité nous ne savons pas ce que nous voulons, ce que nous cherchons.
Certains diront vouloir se distraire, briser l’ennui.
D’autres affirmeront que du dialogue ils découvrent toujours quelque vérité sur eux ou sur le monde.
D’autres, pour qui la chose est plus « sérieuse », pensent transmettre quelque chose, une simple information, ou peut-être même une sorte de révolution, un changement.
Moi-même, qui ne crois pas beaucoup au pouvoir du verbe tel qu’il est prononcé et entendu dans nos campagnes et dans nos villes, dans chaque échange de mots, de regards, ou de connaissance silencieuse, je ne cherche toujours qu’une seule chose, sentir le visage qui se cache derrière le masque que je crois collé à ma peau, mais en fait, il n’est collé qu’à un autre masque, et chaque fois qu’il s’en trouve un pour toucher le sol, je vois bien qu’il n’est pas le dernier.

Une révolution (22)

Pour moi l’ego est une construction mentale, pas un instinct. C’est une pensée du « moi », une construction qui va se développer au fur et à mesure de notre vie comme on pourra retoucher une tableau autant de fois qu’il nous plaira. Un peinture est une représentation, ce qui lui donne son importance à nos yeux est contenu dans tous les mécanismes de l’affect qui nous lie à elle. Lorsque l’attachement à cette représentation est fort, on engage des moyens forts pour la défendre, si l’on est plus capable de cet engagement, on peut voir nos forces faiblir et notre attachement à la vie diminuer, c’est la raison pour laquelle l’ego est souvent confondu avec un instinct, pourquoi pas celui de la survie, mais celui de la mort n’est pas loin dans ce cas, juste sur l’autre face de la pièce.

J’ai pu observer cette construction mentale du « moi » chez beaucoup d’espèces, elle a probablement des formes variées par leur complexité d’élaboration, chaque espèce disposant d’un potentiel mental qui lui est propre, comme elle peut être différente d’un individu à l’autre.

Une révolution (26)

Votre « idée » du moi peut vous aider à survivre, comme vous précipiter du haut d’un immeuble ou d’une falaise, peu importe la manière de concevoir sa mort, même si la manière présente encore une occasion de méditer sur les abysses égotiques. Votre « idée » du moi peut vous permettre de traverser les sommets enneigés de la cordillère des Andes comme la fait un certain Guillaumet, ami de St. Exupery lors d’un crash de son avion et qui lui fit dire : « ce que j’ai fait, aucune bête l’aurait fait ». Votre idée du moi peut également vous pousser au sacrifice de votre personne et vous incliner à tous les dépassements aussi bien qu’à toutes les mégalomanies ou « egomanies ». Votre idée du moi peut faire de vous une personne adorable comme la personne la plus détestable. Mais votre renoncement à l’idée du moi peut faire de vous ce que rien d’autre peut vous aider à faire, elle peut faire de vous ce que vous êtes réellement et que vous nous ne parviendrez jamais à connaître tant que votre besoin d’idée du moi sera votre lampe qui vous guidera dans le labyrinthe de la vie à la mort.

Les instincts sont primordiaux, ils font de nous rester les animaux que nous sommes, que serait notre vie sans eux ? Personne ne sait répondre à cette question, parce que personne n’en n’a fait l’expérience.

J’ai rêvé d’un autre monde (1)

L’essentiel est invisible pour les yeux, disait-il.

Alors j’ai fermé les yeux, pour tenter de voir cet essentiel.

Il est vrai que lorsqu’on perd un sens pendant un temps relativement long, quelque chose en nous, de nouveau, s’installe.

Tout me semblait beau, à sa juste place, lorsque je regardais avec les yeux.

Mais lorsque je les fermais, cette beauté avait perdu de sa splendeur, de son merveilleux, le monde m’apparaissait cruel, et la cruauté du monde était dans le fait qu’il ne me montrait pas son plus beau visage. Il me montrait celui avec plein de dents pointues faites pour déchirer. La vraie couleur de ce monde n’était pas ce vert flamboyant constitué de mille nuances de vert, indénombrables en vérité, ces centaines d’espèces qui sortaient du sol et que je foulais des pieds, ces arbres noueux et contrariés dans leur croissance par des vents irrespectueux de leur intention de toucher au ciel. Non, la vraie couleur de ce monde que mes yeux ne pouvaient voir était le rouge, la couleur du sang, et ce sang s’écoulait par mille blessures, mille plaies qui ne se refermaient jamais. Il y avait quelque chose encore derrière cet écran rouge, était-ce l’ultime vérité ? Je le sentais mais ne pouvais le distinguer, j’étais attiré par une douce chaleur, par une vive lumière, je ne comprenais pas ce que c’était et pourtant j’étais sûr que tout cela ne m’était pas réellement étranger…..

Une vérité…

— Qu’est-ce qu’une vérité cher ami ?

— Seulement une croyance mon ami, qu’une croyance…

— Comment ça ? Rien de plus ?

— Rien de plus mon cher, pose la question à celui-là qui mourut de froid dans un container frigorifique à viande, il était convaincu que les moteurs tournaient et a gravé sur les murs métalliques son calvaire à l’aide d’un crochet à viande. Le hic, c’est que le frigo ne fonctionnait pas, on l’a retrouvé mort à quinze degrés au-dessus de zéro.

— C’est une histoire vraie que tu me racontes là ?

— Il paraît oui, mais je n’y étais pas, préfères-tu que je te parle des effets placebo ?

— Non, non, ça va, je crois que je t’ai entendu.

 

 

 

Histoire du non-faire (2)

Dans notre quotidien, notre vie donc, la plupart de nos actes, pour ne pas dire tous, est soumise à ce complexe d’esprit : je fais ? je défais ? Ou ne fais pas ?

L’abandon est toujours une action décidée, par contre, dans le contexte toujours aussi vivant du wu-wei (terme chinois qui signifie « non-agir »), l’abandon est autre chose. Ce n’est point votre personne qui abandonne, mais des « choses » de l’espace mental qui vous abandonnent, vos habitudes par exemple vous abandonnent, vos peurs aussi, pour donner un autre exemple.

Une action peut être dépouillée d’un certain nombre d’attributs, elle en demeure une action, lorsqu’elle se dépouille d’elle-même et du sujet, elle est une non-action.

Ne pas confondre ici dans la terminologie et concept utilisés deux notions en apparence synonymes qui sont celles-ci : « ne pas faire » et « non-faire ». Ne pas faire serait encore une option, donc une autre forme de faire, comme 3 est une autre forme de 1. Alors que « non-faire » évoque la position zéro de faire, cette position ne se situe pas dans la raison.

Il ne faut pas chercher à pénétrer le sens de « non-faire » avec des exemples d’état comme grand/petit, chaud/froid. Chaud et froid sont bien entendu des opposés et entre un point chaud et un point froid non définis, il y a beaucoup d’autres opposés.

 

Extrait d’un ouvrage non publié : les divagations du veilleur.

Histoire du non-faire

Ne t’es t-il pas arrivé de conduire ta voiture pendant quelques minutes dans une espèce d’absence, ton esprit comme occupé ailleurs dans des « faire » plus importants pour le « moi » et te rendre compte tout d’un coup que tu ne te souviens plus du trajet ni des événements, avec l’impression qu’une autre part de toi a géré, très bien géré d’ailleurs ?

Cet exemple est censé illustré une de ces conditions mentales ordinaires et courantes, quelque chose qui arrive à tout le monde et qui invite à la méditation sur le « comment » le moi se trouve différemment impliqué au niveau de ses moyens de contrôle sur les choix et actes quotidiens, une explication scientifique peut oser avancer une théorie mécanique sur les fonctionnements du cerveau, cela ne s’oppose en rien à des faits. Ce serait comme vouloir opposer des vérités à des réalités.

Extrait d’un ouvrage non publié : les divagations du veilleur.

À vous (2)

Ma définition de l’artiste : Il est un interprète et en  aucun cas se prend pour un créateur, son œuvre  est une transposition, une traduction, une mise en forme de quelque chose qu’il a perçu, senti etc, mettez le terme qui vous plaira.

Sa fonction est de « répéter » après la mise en forme qu’il voudra choisir ou qui est dans son talent « naturel » le message d’un monde subtil à tous ceux qu’il rencontre et qui lui demandent (avec conscience ou pas), alors, qu’est-ce qui se passe ailleurs ?

Ce n’est que ma définition, je la pose ici pour éviter les malentendus, pas pour lancer un débat.

À vous.

Je pense que le fait de publier sur un blog comme en beaucoup d’endroits (lorsque j’étais jeune je collais sur les murs) est un don plus qu’un partage, un maigre don je vous l’accorde si l’on pense, comme je le pense, qu’il n’y a pas de propriété intellectuelle, comme il n’y a pas de création. Qu’est-ce que ce don alors ? Souvent un simple bruit, très souvent un bruit encombrant et inutile, et lorsque ce n’est pas un bruit, c’est une musique, mais, à qui peut donc appartenir une musique ? Est-ce que celui qui la compose doit la revendiquer ? Est-ce que celui qui l’interprète doit se considérer comme le véritable auteur, car sans son souffle poussé dans la trompette, aucun son n’en aurait été rendu audible? Je ne suis jamais l’auteur de ce que j’écris, je ne suis pas non plus l’auteur de ce que je pense, comme je ne suis pas l’auteur de ce que je défèque, quoi, mon corps et ma personne psychologique sont-ils réellement complices? Je ne suis pas un auteur, je suis un diseur, tout au plus un piètre penseur, et j’ose vouloir partager cette intimité avec celui qui me lit. Mais sans nul doute n’allez-pas voir là une démonstration de ma générosité, non, c’est très égoïste que ce don, même un peu vaniteux, trop vaniteux plutôt. Alors, amis, ou ennemis, faites ce que vous voulez de ce que je publie, c’est à vous, totalement à vous, peut-être plus qu’à moi-même, c’est vous qui me l’avez inspiré, c’est en pensant à vous que je l’ai sorti de mon ventre, c’est en pensant à quelque chose qui est de moi et de vous.

Un univers prédateur

De ce côté-ci il n’y a que des prédateurs.

Les êtres humains sont les derniers apparus, mais les plus dangereux des prédateurs.

Lorsque je regarde les petits enfants qui grandissent autour de moi, je sens, j’entends en eux comme un écho sourd de ce refus de croire en ce monde qui nous lance le défi de survivre sans faire mourir.

Je me souviens de ma petite enfance et certains adultes m’ont fait cette confidence qu’eux aussi ont eu du mal à s’installer dans leur enfance.

Peut-être l’univers a-t-il deux faces, deux modes, deux formes, peut-être que lorsque nous sommes de tous petits enfants, nous entendons comme deux voix et qu’une des deux voix finit par s’étouffer progressivement, au fur et à mesure que le langage structure notre esprit, au fur et à mesure que nos parents nous présentent leur monde que le moule social nous l’impose.

Une révolution (33)

Les nouveaux voyants de la première génération ont compris la nécessité de faire un pas de plus vers la révolution. Ils le firent en saisissant l’inflexible utilité de travailler sur leur suffisance, leur forme humaine, l’ego ou l’image du « moi ».

Mais les nouveaux voyants de la première génération ont eu la faiblesse de conserver l’importance de l’acte de « visualiser », de « voir » les émanations et toutes autres manifestations des énergies des êtres vivants. Ils ont omis d’étudier « l’image » et sa fonction. La mise en image est un processus « obligé » qui permet aux informations non préhensibles par la partie consciente de nos êtres de prendre sens. Elle se fait donc au sein même de notre conscient.

Toutes les opérations produites par notre conscient consistent à fabriquer de l’image : vous rêvez, vous fantasmez, vous imaginez, vous regardez un film ou lisez, vous vous identifiez, un souvenir remonte à vous, vous réalisez une simple opération de calcul mental dans votre esprit, etc, etc, etc, tout cela est de la mise en images. Quand mes yeux s’ouvrent sur le monde, on m’a appris à considérer ce que je vois comme une réalité, ce n’en est pas une comme le pensent les nouveaux voyants, mais il en est de même pour toutes les images que je vois défiler dans ma tête. Si je suis capable de voir l’énergie des plantes ou celle des autres êtres vivants, si des êtres inorganiques m’apparaissent, je ne suis pas un voyant lucide, je suis seulement en proie à la fonction de mon cerveau habile à mettre en images tout ce qui gît dans la profondeur de mes désirs cachés, de mes hantises, de mes espoirs les plus fous ou de mes conditionnements les plus oubliés.

Les nouveaux voyants de la deuxième génération ont répété cette erreur en pensant que la capacité de voir était au centre des besoins d’ouvrir d’autres horizons. Les nouveaux voyants de la troisième génération doivent se libérer de l’impact des effets, et de la sublimation de cette fonction « imagéelle ». Certes, ils ne peuvent rien et ne veulent rien contre cette fonction, ils savent son utilité mais ils ont appris à ne pas faire comme leur ancêtre Cromagnon : croire que ce qui prend forme d’image dans leur cerveau est une validité de l’existence des dieux.

Une histoire de confidences (3)

Cette soif de faire entrer le monde dans notre intimité – et ainsi la réduire à néant- répond à notre conscience perdue de la part manquante, l’immense part manquante que représente la totalité de l’univers dont nous nous sommes séparés en partie, en nous incarnant, en devenant une existence. Cette faim de la laisser éclater en grains de poussière est l’écho de cette intuition qui nous pousse comme le courant d’un fleuve vers une fusion ineffable.

Je te touche, tu me touches, mais ce contact nous traverse, il perce toutes nos couches matérielles et subtiles aussi, il continue au-delà de nous infiniment, et touche toutes les choses qu’il rencontre, les êtres d’abord, les astres ensuite, et le non-être frémit sous ses caresses.

À suivre…

Une histoire de confidences (2)

Deux certitudes selon le sorcier :

La certitude que les hommes sont des êtres extraordinaires vivant dans un monde extraordinaire.

La certitude que ni les hommes ni le monde ne devraient jamais être considérés comme allant de soi quelque soit la circonstance.

(Florinda Donner-le rêve de la sorcière)

 

Notre vœu secret de partager l’intimité nous oblige à nous exprimer verbalement et corporellement en toute occasion.

Lorsque la confidence est volontaire, c’est presque toujours verbal et c’est presque toujours conscient. Mais lorsque nous refusons de répondre verbalement à une question, ou lorsque nous pensons être incapable de répondre, ne détenant pas de réponse satisfaisante, notre corps répond pour nous, plus précisément notre inconscient répond pour nous en « utilisant » notre corps, et au-delà de notre inconscient, probablement un océan infini d’inconscient qui relie l’univers tout entier, dans ses espaces et ses temps.

Nous répondons toujours à une question, et toute relation repose sur un système de confidences qui apporte les questions et les réponses. Nous ne pouvons vivre, ni survivre, en refusant la relation, nous espérons la faire (cette relation) selon nos besoins, nos désirs ou nos peurs, etc,  mais la réalité c’est que ce sont les relations qui nous font, ou plutôt, quelque chose en nous édifie notre personne psychologique, cette « chose » à laquelle nous sommes incapables d’échapper, cette chose qui nous représente, cette chose que nous voulons voir au-devant du chemin et que nous appelons : « moi ».

À suivre.

 

Une histoire de confidences (1)

Nous construisons toute notre vie, tout autour de nous de beaux remparts, de grandes barrières. Nous couvrons notre corps et nos esprits pour avoir une « belle présentation » : « et oui monsieur, et oui madame, vous ne faîtes pas partie de mon cercle d’intimes, alors pas question de vous donner à lorgner! ». En vérité nous rêvons secrètement de la transparence, de la clarté, de la lumière, de la fusion, mais c’est un rêve que jamais nous ne revendiquerons, pas question d’avouer une intention qui remue au fond du puits de notre conscience, notre vœu d’intimité offerte sans retenue restera enfoui sous les couches de nos « bonnes intentions » apprises.

Je veux vous parler d’un système, celui des confidences.

 

je reviens.